dimanche 17 juillet 2011

Le Seigneur des Mythos

Je m'adresse ici aux fans de J.R.R. Tolkien qui n'auraient pas été mis au courant. Oui, tolkienomanes, tolkienophiles, on vous ment, on vous spolie ! Cet universitaire a plagié pour obtenir son œuvre phare : «Le Seigneur des Anneaux».

À ses débuts et parce qu'il s'ennuyait sévère, Tolkien a écrit une «Géographie précise des Terres du Milieu» (publiée à compte d'auteur en 20 exemplaires dont neuf furent remis à des professeurs émérites de l'université d'Oxford).

Ce pavé aussi volumineux qu'indigeste ne présente pas d'intérêt autre que celui de faire un inventaire d'une contrée imaginaire avec un souci du détail et de la langue anglaise dépassant ce qu'aurait pu faire un pigiste géographe des Terres du Milieu payé à la ligne. Cet acharnement linguistique atteint des sommets permettant de croiser dans l'ouvrage des nuances aussi subtiles et précises que le vert sauge pâle frissonnante et le vert frisson de sauge pâlissante (ce dernier étant un vert à peine plus clair). Les amateurs éclairés reconnaîtront d'ailleurs cette fichue manie du détail dans tout le premier tome du «Seigneur des Anneaux».

Déjà, à l'époque, des critiques furent faites à Tolkien en ce sens par sept récipiendaires de l'ouvrage (que Tolkien qualifia de «nains» et qu'il ne voulut plus croiser par la suite). Mais la critique marqua terriblement Tolkien. Ce dernier s'effrondra, tombant dans le vice et la débauche : l'alcool, la pizza et bien entendu le jeu de rôle. Durant ce parcours interlope, Tolkien croisa un groupe de joueurs bravissimes et leur meneur de jeu plus têtu qu'un lemming berserker. Et il participa à «La Partie».

Au commencement était l'auberge
Image et VO de Shamus Young, VF de Les ludistes.

Un travail de titan a permis à d'illustres confrères anglo-saxons de retrouver les notes du meneur de jeu de ce moment crucial de l'Histoire ludique. Et ils ont reconstitué le document suivant en anglais, comme en français. La suite coule de source : Tolkien a lui aussi pris des notes pendant la Partie... et, remonté comme une pendule par tant d'idées, a signé peu après son chef-d'œuvre en brodant à peine de-ci, de-là...

Aussi, honte à Tolkien de ne pas avoir cité ces sources et honte à lui aussi d'avoir sucré des passages aussi cultes que celui des «bâtons de marche» ou celui du «nain de Schrödinger» !


Note pour plus tard : éviter de visiter le Tolkien Great National Museum pendant les 5 prochaines années.

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