jeudi 30 juin 2011

Géographie en musique

Héberger une chef d'orchestre (en devenir) m'a permis de faire mieux que poser une unique question qui tue. Nous avons eu largement le temps d'évoquer un autre poncif : nos goûts musicaux. Et voici le résultat des courses pour vous, lecteurs !

Je vous recommande donc d'écouter «The Canyon» (déjà évoqué ici) du compositeur américain Philip Glass. Vous en trouverez un extrait dans une curieuse vidéo ici.

Je ne saurai expliquer pourquoi j'adore cette pièce. Cela pourrait tenir à la musique, à son rythme, à sa répétitivité (une des marques de fabrique de la musique minimaliste) ou au monumental crescendo qui sous-tend tout le morceau (le canyon se creusant peut-être ?). À vous de voir en tout cas !

Après écoute de cette suggestion, la chef m'a presque aussitôt proposé le morceau suivant, d'un autre contemporain dénommé John Adams : «The Dharma at Big Sur». L'avantage est que vous pouvez écouter la plus grande part de ce morceau ici. Et même avoir un commentaire du compositeur sur ce morceau qui fait place à un instrument très particulier un violon électronique à six cordes.

Au bord du monde, les falaises de Big Sur
Jaquette du CD (site de John Adams)

Oserai-je ajouter que ce morceau m'a également plu ? Va falloir que je reçoive cette chef bien plus fréquemment !

Note pour plus tard : préparer la brochure du «P'tit Noteur Inn».

mardi 28 juin 2011

Inquisition spontanée

Il m'arrive parfois de rencontrer des gens atypiques. Et je vous le prouve ! Après un homme chargé d'organiser des textes de loi malgré eux, un chercheur spécialisé dans la découverte de nouveaux lézards et une experte en psycho-acoustique, la dernière personne à être entrée dans cette catégorie s'avère être une merveilleuse future chef d'orchestre américaine (quand je vous dis «atypiques», je ne plaisante pas).

Face à des personnes si rares, je dispose d'un instinct extraordinaire que seuls ont trois catégories de personnes : les enfants, les percepteurs d'impôts et les inquisiteurs. Celui de poser La Question Qui Tue (à ne pas confondre avec la question qui tue).

Exemple : Euterpe, professeur de harpe, a eu le droit à «que se passe-t-il dans votre tête quand vous jouez en public ? Vous pensez à vos doigts, aux notes qui vont arriver, à votre repas de midi mal digéré ?».

L'inquisition ? Personne ne s'y attend !
Image de Fungusmonkey (site de Spill)

Dans le cas de la chef d'orchestre en devenir, me voici à côté d'elle, parlant entre deux hurlements métalliques de la ligne 7 de la conduite d'orchestre... domaine où je ne peux qu'être d'une nullité crasse mais d'une curiosité débordante. Et, voici qu'arrive enfin la question qui me tourmentait depuis plus de 15 ans ! Là, bien directement, je demande : «mais que faites-vous avec vos mains ?».

Il faut croire que la charge émotionnelle de 15 années d'attente a tout détruit sur son passage. Panique à bord instantanée chez la chef d'orchestre. Débranchement du cerveau, clignements des yeux, stupeur et tremblements. La rame de métro brinquebalait trop pour que je puisse me douter de la véritable ampleur de ce tremblement de chef.

Et tout cela pourquoi me direz-vous ? Parce que l'experte qu'elle était ne savait absolument pas répondre à cette question... qu'elle ne s'était jamais posée ! Franchement, je suis maudit, non ?

Note pour plus tard : envoyer mes questions par écrit à l'avance la prochaine fois que je croise des personnes hors norme.

samedi 11 juin 2011

Quelques heures dans la peau d'un hamster

Loin de tout, rue d'Ulm, au niveau des sous-sols en travaux de l'ENS, dans une p'tite salle perdue uniquement accessible par un SAS et où se retrouve un caisson métallique dans lequel vous vous trouvez, il est clair qu'on ne vous entendra pas crier.

Suite au message d'Euterpe vous recommandant de faire des expériences de psychoacoustique, vous voici face à une apprentie scientifique qui vous explique ce qui vous attend dans la boîboîte avec son casque, son écran d'ordi et son clavier. Des séries de tests à effectuer. Dans vos oreilles, deux sons se suivent : lequel est le plus aigu ? Au bout de quelques tests, vous triomphez aisément ! Pas moins de 95% de réussite !

Passons donc à la série de tests suivante ! Là, dix sons sont envoyés à votre oreille droite. La séquence contient-elle deux sons consécutifs de même hauteur ? Voilà qui semble un peu plus tordu et pourtant vous vous en sortez bien. Une quarantaine de séquences se suivent et tout va pour le mieux. La scientifique débarque et indique que l'expérience va changer. C'est toujours l'oreille droite qui compte mais avec en plus des séquences de sons parasites débarquant à l'oreille gauche. Pour le coup, la concentration n'est pas de trop. Heureusement, vous vous en sortez à peu près bien.

Imperturbable, la scientifique revient et vous annonce que vous êtes maintenant entraîné et que le vrai test commence. Tout ceci n'était qu'une mise en bouche. Une séquence de 10 sons à l'oreille droite puis deux sons. Il faut alors dire quel est le son le plus aigu puis dire si il y a eu deux sons consécutifs dans la séquence des 10... Bien entendu, la séquence à l'oreille droite est perturbée (ou pas) par des sons à l'oreille gauche. Et la scientifique de conclure : «il y a deux grandes séquences de 200 tests chacune à effectuer. Cela devrait vous prendre une bonne heure. À tout de suite !».

Jean-Alphonse, de la boîte acoustique voisine
Photo (site de VEBO)

Vous vous souvenez ? Vous ne pouvez pas crier. Non. Vous devez prendre votre mal en patience. Vous faites les tests, sentez votre tête qui tourne, mélangeant allégrement les oreilles, les sons, les réponses. À la fin de la séance, votre cerveau vous semble tartiné contre votre crâne et l'air frais vous manque.

Heureusement, vous vous dites que vous êtes libre, que jamais vous n'aurez à subir ce test à nouveau. Allez savoir pourquoi, c'est le moment que choisit la scientifique pour vous dire : «dans de deux semaines, même tests avec l'oreille gauche !».


Note pour plus tard : la prochaine qu'on me demande de servir la science, même si c'est ma grande joie, JE RÉFLÉCHIS !

lundi 6 juin 2011

Lectorat sur mesure

Le dernier sondage en date commençait à prendre un peu trop ses aises sur cette page. En voici les résultats :


Édifiant, n'est-il pas ? Surtout quand on sait que le vote exprimé ici est le mien. ^_^


Note pour plus tard : penser à commencer une longue carrière de tyran.

dimanche 5 juin 2011

Médée rempotée

À l'occasion de son second rempotage, événement tout à fait marquant pour son espèce, Médée (mon ficus savant) est fière de vous donner de ces nouvelles avec cette photo digne d'une couverture de Cosmopoficus ! Elle est-y pas magnifique, ma p'tite ?

La fierté de son p'tit papa


Note pour plus tard : installer un système de surveillance contre les paparazzi.

samedi 4 juin 2011

Dentelle de pierre

On m'avait dit : «Dans Paris, il faut absolument voir l'église St Étienne du Mont».

Bien entendu, je ne me suis pas précipité... pendant une bonne décennie. Faut dire qu'à côté de cette église — qui extérieurement ne paye pas de mine — repose le Panthéon et son pendule de Foucault. J'ai donc toujours négligé cette visite. Sauf ce jour où la grande porte d'entrée était ouverte (pour cause de mariage). En vérité, je vous le dis : quel couillon je fais !

Pour faire amende honorable, il faut toute affaire cessante que je vous donne une p'tite idée de ce que ce qui vous y attend. Volontairement, je ne vous mets ici que trois photos sur les 40 et quelques que j'ai du faire. Car je suis resté médusé par le double escalier et l'arche associée séparant nef et choeur (et aussi par les vitraux très colorés et les grandes orgues mais là il faudra que vous fassiez le déplacement).

Même les statues de la chaire regardent ces escaliers !

Une telle finesse et une telle imagination architecturale donne une impression de se trouver en plein dans un jeu pour console récent... c'est dire ! ^_^ Tenez, je vais vous zoomer moi-même la vue pour que vous vous soyiez stupéfié devant cette prouesse de pierre.

L'escalier jumeau de plus près, 'achement plus beau.


Le même escalier, encore plus près, encore plus 'achement plus beau.


Note pour plus tard : se porter acquéreur de cette église le jour où ils se décident enfin à la vendre.

vendredi 27 mai 2011

Cold case

Le projet du jour consistait en la visite de la basilique St Denis, réputée pour sa réputation. Le Hasard a voulu que ce soit exactement le jour de la grêve des guides (Internet laisse d'ailleurs penser que ce devait être une grêve locale, du sur-mesure rien que pour moi, en somme). Vous voici prévenus : je me suis entré dans la basilique sans aucun soutien pédagogique... à mes risques et périls.

Sans commentaire, suite à absence de guide.

Une fois entré, comment comprendre un tel pavé d'histoire sans guide et avec des souvenirs d'histoire aussi pointus qu'un bloc de beurre ? Pour ma part, j'ai travaillé avec les moyens du bord et un sens de l'observation aiguisé. De fait, je savais que la basilique Saint Denis sert essentiellement à entasser nos rois de France. Mais je devinais que la basilique devait être plus que cela. J'arrivais vite à la conclusion évidente : Saint Denis s'avère être un institut médico-légal royal. La preuve, en image.

Saurez-vous dire à quel roi appartiennent ces pieds :
Henri XII, Thoutmosis IX, Anonymous IV ou Malcolm X ?

Vous en connaissez d'autres des endroits où l'on trouve des personnes allongées qui ne bougent pas d'un pouce placé comme cela ? Moi pas.

Certains esprits chagrins pourraient ici chercher à me contredire en indiquant que ces statues n'ont aucun caractère médico-légal et servent d'hommages aux rois. À cela je réponds : mon oeil ! Contractuellement, les rois ne sont représentés qu'avec l'option «grandeur» : Bidule IV écrasant les Saligoths, Bidule IV faisant justice en coupant un gamin en deux, Bidule IV couronné Empereur de Pré-Poméranie Sud-Madrilène... Jamais on ne vit Bidule IV se brossant les dents ou Bidule IV perdant à la belote. Donc encore moins Bidule IV refroidi. Voilà qui ferait mauvais genre.

M. et Mme Le Bel

Et puis replaçons-nous dans le contexte de l'époque. Voici qu'un roi meurt. Monarchie oblige, le fils, le frère, le cousin anglais, la reine, le cardinal, Mlle Rose ou le Duc de Bourgogne [Cocher la ou les bonnes solutions] ont aidé de près à cette fin prématurée. Comment savoir alors qui a fait le coup ? Comme tout bon téléspectateur le sait, on envoie aussitôt le ou les morceaux royaux à la morgue pour étude et déterminer avec précision que le meurtrier est l'ignoble Bourgogne avec le chandelier dans la bibliothèque.

Rappelons-nous cependant qu'à l'époque Jean-Luc Frigo n'avait pas encore développé son concept génial. Du coup, à l'arrivée du trépassé suprême plus ou moins frais à Saint Denis, on appelait le graveur-légiste pour faire une copie précise de la victime souveraine. Sait-on jamais : un jour peut-être pourrait-on déterminer que l'angle de 6,7° entre l'axe du cou et du thorax indique une strangulation d'un individu de corpulence moyenne avec un titre de noblesse et un accent bourguignon.

Voilà, vous savez presque l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur les enquêtes criminelles menées à Saint Denis [pour éviter de rallonger ce message, je néglige en effet d'évoquer les rediffusions d'enquêtes pour divertir le bon peuple de Saint Denis]. Avant de vous laisser reprendre vos activités, je souhaitais vous soumettre un dernier document sur une enquête non élucidée. À vous de jouer : peut-être réussirez à trouver le coupable qui, sans aucun doute, court toujours.

Décès par tige dans la carotide.

Note pour plus tard : entamer une carrière de guide.