mercredi 25 juillet 2007

Fatale découverte

Le dimanche soir réserve bien des surprises (peut-être parce que celui-là achevait deux excellentes journées bordelaises). Une personne dont je dois taire l'identité me demandait en effet en PS d'un message « je suis à la recherche d'un didjeridoo et d'un djembé, aurais tu ça dans tes valises ? ».

Mes souvenirs de djembé sont limités mais unanimes. Du haut de cette expérience traumatisante, je peux conclure une chose remarquable entre toutes. Neurasthéniques ou contemplatifs, les joueurs de djembé réussissent toujours le tour de force de jouer le même morceau au bout d'un certain temps : une pulsation continue (en boucle infinie) qui donne soit envie de tuer, soit envie de devenir sourd. Et là, je me retiens d'en rajouter vingt lignes de tartine sur le sujet tant le djembé me hérisse.

On comprendra aisément ma réaction face au PS cité plus haut. Je me mis aussitôt frénétiquement en recherche d'éléments raisonnables pour démontrer l'erreur impardonnable d'un achat de djembé. Comprenez par là que mes propres arguments sont de ceux qui justifient une croisade : difficiles à expliquer car tenant plus d'un réflexe conditionné meurtrier que d'un discours élaboré. Mais je m'égare... Gardons à l'esprit qu'il était de mon devoir d'humain de sauver mon innocente correspondante des forces du mal djembique avec des idées rationnelles. J'ai donc demandé à l'oracle Google de me trouver des gens qui n'aimaient pas le djembé (en tapant « djembé mal »).

Et force est de constater que je n'étais pas seul à résister. Je fis ainsi une découverte incroyable... Des gens ont écrit une chanson sur le sujet : oui, des gens dont je ne connaissais guère que le nom ont su dire avec des mots mieux que mes mots ce que je pensais. J'ose le dire : la vache ! Saluons donc ici Les Fatals Picards, béni soit ce groupe illuminant entre tous !

« Si la liberté, c'est d'jouer du djembé
Alors je veux être en Suisse pour pouvoir te dénoncer.
Djembé devrait pas rimer avec fin de soirée
C'est avec amputation des membres que ça d'vrait rimer
Ou Karaoké avec sa belle-mère ou goulag ou prison à vie sans eau.
Si on classait ton bordel sur l'échelle de Richter,
Djembé Man c'est vraiment sûr : il manquerait des barreaux.
»

Les Fatals Picards, Djembé man [ paroles / vidéo à voir ].



Note pour plus tard : toujours penser à se documenter sur des sujets particulièrement insignifiants.

mardi 24 juillet 2007

Urgent - Pour hier

Bonjour lecteur !

En cette semaine de vacances, il m'est permis d'écrire un peu plus que d'habitude (et on ne se moque pas). Aussi, ni vu ni connu, je vais tenter une subtile récupération de retard... Et hop !

Ah oui... j'oubliais. Vous êtes fatigué. Vos paupières se font lourdes. Vous avez sommeil. Votre volonté vous abandonne... et m'appartient. Vous dormez. Je vais compter jusqu'à trois. A trois, vous ne vous souviendrez pas d'avoir lu ce message et vous vous réveillerez. Oui, vous n'avez pas lu ce message. Un... Deux... Trois...

jeudi 12 juillet 2007

«La traversée du temps»

Ressortir d'une séance de cinéma avec l'impression d'être sur un p'tit nuage... voilà ce qui pourrait bien vous arriver si vous allez voir «La traversée du temps».

Sur une idée de voyage dans le temps, voici un anime qui vaut très largement le détour. Avec son rythme calme ou léger, son graphisme soigné que l'on doit en particulier à M. Sadamoto et sa musique jouée au piano, ce film balance avec aisance entre poésie et sourires.

Preuve de la qualité de ce film, je suis vraiment très loin d'être le seul à en penser du bien.

samedi 16 juin 2007

Le clavier bien tempéré

C'est en écrivant — il y a fort fort longtemps — le premier message de ce blog'note que je me suis posé une question fondamentale : comme obtenir les guillemets sur un clavier français ? Et comment obtenir deux ou trois autres symboles franchouillards qui font que le reste du monde ne nous comprendra jamais ?

Voici donc de quoi me rappeler le strict nécessaire sur ces bestioles étranges :

« Guillemet français ouvrantALT 0171
» Guillemet français fermantALT 0187
Guillemet anglais ouvrantALT 0147
Guillemet anglais fermantALT 0148
Tiret cadratinALT 0151
œ E dans l'o minusculeALT 0156
Œ E dans l'o majusculeALT 0140
É E majuscule accent aiguALT 0201

Afin de ne pas priver des unixiens de ma bonne parole (faut croire que les normes informatiques sont variées), je ferai en sorte d'utiliser peu ces symboles... sauf les guillemets français, na !

Citation postale

Dans ma boîte à lettre m'attendait hier un colis comme je n'en avais jamais vu. Pour tout dire, le contenu — quatre volumineux mémoires de fin d'études dans une enveloppe craft explosée — intéressait moins que le contenant — une pochette plastique avec un bel encart jaune. J'en arrivais à croire que La Poste intégrait la philosophie japonaise de la présentation des cadeaux.

L'encart valait son pesant de «cahouettes» :

« Service client
Tout faire pour que votre courrier vous arrive, quoiqu'il arrive.

Notre engagement est de vous faire parvenir votre courrier au mieux. Lorsque celui-ci s'est trouvé endommagé au cours de son traitement, nous avons à coeur qu'il vous soit distribué dans les meilleures conditions.

Voilà pourquoi vous recevez aujourd'hui ce courrier sous enveloppe spéciale, conçue pour protéger votre courrier altéré ou abîmé dans nos services.

Nous vous invitons à contacter votre bureau de Poste ou à vous connecter au site Internet de La Poste pour répondre à vos questions et recueillir vos suggestions.
»


J'imagine qu'ils ont du travailler longtemps pour peser savamment les mots, sélectionner les tournures et arrondir les angles. Deux jours de boulot pour quatre personnes et trois visas de huit directeurs, au minimum. C'est d'ailleurs assez réussi : notez bien qu'il n'est quasiment pas dit que le courrier a été abîmé par quelqu'un ou quelque chose à La Poste (le colis a implosé tout seul dans son coin, voilà tout). Mieux encore, La Poste m'a rendu service. Bref, c'est bô le marketing en action.

Un p'tit rien vient cependant troubler le bien-être sans mélange que l'on éprouve suite à la lecture de ce texte. En effet, cette lecture vient avant la découverte du contenu... découverte qui laisse d'ailleurs supposer que le courrier est maintenant traité par une série de moissonneuses-batteuses. Ceci donne au final au p'tit texte autant d'effet qu'un extrait de monographie sur l'évolution du surmoi des pingouins lors de la chute du mur de Berlin.

Par un heureux hasard, les mémoires — c'est bien connu — s'apparentent aux annuaires pour ce qui est de la résistance à la déchirure. Je suis donc plus chanceux que d'autres personnes que l'on peut parfois trouver sur Google en citant le début du message salvateur de La Poste.

Mais, voilà qu'un doute terrible me taraude. Oui, lecteur, serait-ce là plus que du marketing pour les nuls ? Serait-ce... nomdidiou... un exemple rarissime d'humour postal au second degré ?

mardi 12 juin 2007

Réplique géniale

Attention, lecteur, pour la citation qui suit, il faut admettre qu'il existe des matelats sauvages qui vivent sur une planète perdue et que ces matelats parlent. Et je veux bien croire que cela n'est pas évident à assimiler. Ceci dit, une fois que vous aurez effectué ce bond intellectuel majeur, vous devriez vous en sortir.

« 'I am at a rough estimate thirty billion times more intelligent than you. Let me give you an example. Think of a number, any number.'
'Er, five.' said the mattress.
'Wrong,' said Marvin. 'You see?'
»

Douglas Adams, Life, the Universe and Everything.

« “Je suis en première approximation trente milliard de fois plus intelligent que vous. Laissez-moi vous donner un exemple. Pensez à un nombre, n'importe quel nombre.”
“Euh, cinq.” dit le matelas.
“Faux”, dit Marvin. "Vous voyez ?”
»

Douglas Adams, La Vie, l'Univers et le Reste.

lundi 11 juin 2007

Sic transit gloria populi

Ca faisait longtemps que je n'avais causé, dites donc. Réparons tout d'abord ceci avec une p'tite expérience toute récente et suffisamment rare pour être mentionnée : une soirée d'élection législative de bout en bout.

Contrairement à ce que l'on pourrait nous faire croire à l'ère des medias et de l'infographie à la commande, une bonne soirée d'élection ne se passe pas devant une télévision mais devant des piles de bulletin. Mieux encore, elle se passe avec des gens que vous ne connaissez pas : des gens de votre quartier que vous n'avez peut être jamais rencontré auparavant mais qui, comme vous, veulent voir la Mécanique Démocratique en action.


Les officiels ouvrent l'urne avec les deux clés et recomptent le nombre de bulletin. Les p'tites mains citoyennes, quatre groupes de quatre personnes, vont travailler sur des paquets de cent enveloppes : compter les enveloppes, les ouvrir une par une, lire le bulletin, enregistrer sur deux grandes feuilles le vote. Les assesseurs et le président du bureau veillent et traitent les nuls plus ou moins originaux. De paquet de cent en paquet de cent, le profil de l'élection apparaît, somme des idées et choix de centaines de personnes...


Après dépouillement de tous les paquets de cent, le président de bureau additionne les grandes feuilles. Et voici la pensée de 960 personnes révélée (le meilleur sondage sorti des urnes qui soit).

D'ordinaire, je m'arrête là. Ce dimanche-là, toutefois, j'ai poussé la curiosité plus loin à force d'avoir parlé à des « concitoyens » (je ne vois pas de meilleur mot ce soir-là). J'ai suivi avec quelques autres curieux le personnel du bureau de vote se dirigeant à la Mairie, véritable QG où, une nouvelle fois, on sommait des votes : ceux des différents bureau de l'arrondissement. Là, bureau après bureau, les résultats apparaissaient sous les yeux de journalistes, de politiques et de collègues simples curieux.

Vers 23h, la liste fut complète : je pouvais découvrir que mes quelques paquets de cent enveloppes avaient donné une image valable de l'arrondissement. M. le Maire nous fit lecture des résultats et chacun put ensuite continuer à parler des résultats du reste de la France ou, plus simplement, rentrer chez soi, la satisfaction du devoir civique rempli et de la curiosité civique amplement rassasiée.

Oui, vraiment : qu'il est bon de voir nos institutions fonctionner de façon si simple et si transparente !


Note pour plus tard : la semaine prochaine, on remet ça !

PS : les photos qui illustrent cette note sont celles que j'ai prises à l'élection présidentielle, second tour... et que je n'avais eu le temps de poster à l'époque.