samedi 16 juin 2007

Citation postale

Dans ma boîte à lettre m'attendait hier un colis comme je n'en avais jamais vu. Pour tout dire, le contenu — quatre volumineux mémoires de fin d'études dans une enveloppe craft explosée — intéressait moins que le contenant — une pochette plastique avec un bel encart jaune. J'en arrivais à croire que La Poste intégrait la philosophie japonaise de la présentation des cadeaux.

L'encart valait son pesant de «cahouettes» :

« Service client
Tout faire pour que votre courrier vous arrive, quoiqu'il arrive.

Notre engagement est de vous faire parvenir votre courrier au mieux. Lorsque celui-ci s'est trouvé endommagé au cours de son traitement, nous avons à coeur qu'il vous soit distribué dans les meilleures conditions.

Voilà pourquoi vous recevez aujourd'hui ce courrier sous enveloppe spéciale, conçue pour protéger votre courrier altéré ou abîmé dans nos services.

Nous vous invitons à contacter votre bureau de Poste ou à vous connecter au site Internet de La Poste pour répondre à vos questions et recueillir vos suggestions.
»


J'imagine qu'ils ont du travailler longtemps pour peser savamment les mots, sélectionner les tournures et arrondir les angles. Deux jours de boulot pour quatre personnes et trois visas de huit directeurs, au minimum. C'est d'ailleurs assez réussi : notez bien qu'il n'est quasiment pas dit que le courrier a été abîmé par quelqu'un ou quelque chose à La Poste (le colis a implosé tout seul dans son coin, voilà tout). Mieux encore, La Poste m'a rendu service. Bref, c'est bô le marketing en action.

Un p'tit rien vient cependant troubler le bien-être sans mélange que l'on éprouve suite à la lecture de ce texte. En effet, cette lecture vient avant la découverte du contenu... découverte qui laisse d'ailleurs supposer que le courrier est maintenant traité par une série de moissonneuses-batteuses. Ceci donne au final au p'tit texte autant d'effet qu'un extrait de monographie sur l'évolution du surmoi des pingouins lors de la chute du mur de Berlin.

Par un heureux hasard, les mémoires — c'est bien connu — s'apparentent aux annuaires pour ce qui est de la résistance à la déchirure. Je suis donc plus chanceux que d'autres personnes que l'on peut parfois trouver sur Google en citant le début du message salvateur de La Poste.

Mais, voilà qu'un doute terrible me taraude. Oui, lecteur, serait-ce là plus que du marketing pour les nuls ? Serait-ce... nomdidiou... un exemple rarissime d'humour postal au second degré ?

mardi 12 juin 2007

Réplique géniale

Attention, lecteur, pour la citation qui suit, il faut admettre qu'il existe des matelats sauvages qui vivent sur une planète perdue et que ces matelats parlent. Et je veux bien croire que cela n'est pas évident à assimiler. Ceci dit, une fois que vous aurez effectué ce bond intellectuel majeur, vous devriez vous en sortir.

« 'I am at a rough estimate thirty billion times more intelligent than you. Let me give you an example. Think of a number, any number.'
'Er, five.' said the mattress.
'Wrong,' said Marvin. 'You see?'
»

Douglas Adams, Life, the Universe and Everything.

« “Je suis en première approximation trente milliard de fois plus intelligent que vous. Laissez-moi vous donner un exemple. Pensez à un nombre, n'importe quel nombre.”
“Euh, cinq.” dit le matelas.
“Faux”, dit Marvin. "Vous voyez ?”
»

Douglas Adams, La Vie, l'Univers et le Reste.

lundi 11 juin 2007

Sic transit gloria populi

Ca faisait longtemps que je n'avais causé, dites donc. Réparons tout d'abord ceci avec une p'tite expérience toute récente et suffisamment rare pour être mentionnée : une soirée d'élection législative de bout en bout.

Contrairement à ce que l'on pourrait nous faire croire à l'ère des medias et de l'infographie à la commande, une bonne soirée d'élection ne se passe pas devant une télévision mais devant des piles de bulletin. Mieux encore, elle se passe avec des gens que vous ne connaissez pas : des gens de votre quartier que vous n'avez peut être jamais rencontré auparavant mais qui, comme vous, veulent voir la Mécanique Démocratique en action.


Les officiels ouvrent l'urne avec les deux clés et recomptent le nombre de bulletin. Les p'tites mains citoyennes, quatre groupes de quatre personnes, vont travailler sur des paquets de cent enveloppes : compter les enveloppes, les ouvrir une par une, lire le bulletin, enregistrer sur deux grandes feuilles le vote. Les assesseurs et le président du bureau veillent et traitent les nuls plus ou moins originaux. De paquet de cent en paquet de cent, le profil de l'élection apparaît, somme des idées et choix de centaines de personnes...


Après dépouillement de tous les paquets de cent, le président de bureau additionne les grandes feuilles. Et voici la pensée de 960 personnes révélée (le meilleur sondage sorti des urnes qui soit).

D'ordinaire, je m'arrête là. Ce dimanche-là, toutefois, j'ai poussé la curiosité plus loin à force d'avoir parlé à des « concitoyens » (je ne vois pas de meilleur mot ce soir-là). J'ai suivi avec quelques autres curieux le personnel du bureau de vote se dirigeant à la Mairie, véritable QG où, une nouvelle fois, on sommait des votes : ceux des différents bureau de l'arrondissement. Là, bureau après bureau, les résultats apparaissaient sous les yeux de journalistes, de politiques et de collègues simples curieux.

Vers 23h, la liste fut complète : je pouvais découvrir que mes quelques paquets de cent enveloppes avaient donné une image valable de l'arrondissement. M. le Maire nous fit lecture des résultats et chacun put ensuite continuer à parler des résultats du reste de la France ou, plus simplement, rentrer chez soi, la satisfaction du devoir civique rempli et de la curiosité civique amplement rassasiée.

Oui, vraiment : qu'il est bon de voir nos institutions fonctionner de façon si simple et si transparente !


Note pour plus tard : la semaine prochaine, on remet ça !

PS : les photos qui illustrent cette note sont celles que j'ai prises à l'élection présidentielle, second tour... et que je n'avais eu le temps de poster à l'époque.

mercredi 18 avril 2007

Fin de semaine au poil

Le week-end dernier fut intéressant à plus d'un titre. Il s'agissait avant tout d'abord d'un week-end prolongé : rien que ça, c'est un bon début.

Il s'agissait aussi d'un week-end tout à fait inhabituel puisqu'il a conduit le sédentaire que je suis à aller dès vendredi midi du côté de Bordeaux rejoindre un ami et sa charmante p'tite famille.

Le fils de la famille m'a reconnu après presque un an sans qu'on se soit vu... et il n'a pas été, selon source parentale, très farouche avec ma pomme. Ce p'tit fait très plaisir à voir, d'autant plus que l'on sent la personnalité et l'intelligence poindre plus que le bout de leur nez. Ainsi, il parle à la deuxième personne mais convertit les « tu » et « te » en « je » et « me » si on lui demande qui parle et si on lui demande alors de corriger. Ses phrases semblent bien plus compliquées, sa mémoire tourne à plein régime au point qu'il se récite parfaitement tout seul ses livres en en tournant les pages... Attention : un futur génie nous arrive ! ;o)

Mon passage à Bordeaux fut aussi l'occasion de célébrer l'anniversaire (décalé) de cet ami et de lui faire découvrir Bomberman. Qu'il n'ait pas eu connaissance de ce jeu diabolique avant d'avoir atteint un âge vénérable m'étonne encore. :o)

Une visite d'un équivalent local de Tang Frères, une séance de badminton, une évaluation de l'âge de mon cerveau (plutôt humiliante pour le susmentionné ami), un combat épique de ricochets et moults affrontements par Puzzle Bobble ou Mario Kart interposés (exécutés en simultané avec un tournoi de nargue) ont très largement rempli par ailleurs ce week end jusqu'au dimanche matin.

Car, déjà, je devais repartir pour la Capitale enfin d'entendre Euterpe, mon excellente prof en concert (ce que c'est bô la harpe quand c'est bien joué) et pour ensuite recevoir à domicile quelques connaissances pour partager ceci :

Un kouign aman, miracle de la gastronomie bretonne.

Les amateurs éclairés auront reconnu un kouign aman (guère épais d'un demi centimètre). Le meilleur du Finistère Nord selon des avis tout à fait chauvins et rigoureusement exacts : celui concocté par la boulangerie Perennou de Lannilis. Pour rappel, un bon kouign aman se reconnait selon mes sources au fait qu'il vous laisse un peu de graisse sur le coin des lèvres après une ou deux bouchées...

Inutile de vous le cacher plus longtemps : ce fut un très bon week-end. Avec celui plus familial de Pâques où l'on sort les jeux de société, voilà deux bons week-ends consécutifs et ils méritaient bien une mention dans mon blog'note... ne serait-ce que pour qu'un de mes lecteurs s'y retrouve cité. ;o)


Note pour plus tard : persister sur cette tendance à passer de bonnes fins de semaine.

De l'origine des nations

   « Vous prenez une poignée de gens qui n'ont pas l'air différents de vous et moi, mais quand on les réunit tous, on obtient ce type de fous furieux affublés de frontières et d'un hymne national. »

Terry Pratchett, Monstruous regiment.


mardi 3 avril 2007

Ma deuxième manifestation

Ce dimanche, je me suis bougé pour la deuxième fois de ma vie pour faire un acte politique fort : aller remuer un bout de foulard au Trocadéro. Ainsi, suite à l'appel de M'sieur Hulot, j'ai pu soutenir avec quelques milliers de personnes une valeur qui m'est chère : l'Écologie.

Je reconnais volontiers que ce geste est sans doute moins percutant que la prise d'assaut d'une centrale nucléaire mais je le trouve adapté à ma façon de faire - tout comme j'avais trouvé adaptée la pyramide de chaussures il y a quelques mois. À cette vitesse, p'têt que plus tard quand je serai grand, je serai Gandhi...

La manifestation a été d'une douceur rare : les horaires ont été incroyablement respectés (ce qui en fit un événement assez court), le site a été nettoyé par les manifestants et la manifestation s'est calmement dispersée au son d'un groupe de tambourineurs très motivés... et d'un bagad !

Bretons en mode festifs. Prudence acoustique exigée.

Car oui, au milieu de ce joyeux p'tit monde très cosmopolite et souvent associatif, se trouvait le Bagad de Paris. C'que l' monde est p'tit pour un breton !

Note pour plus tard : penser à réitérer ce type de participation.

dimanche 1 avril 2007

Ultra moderne convivialité

Des fois, il faudrait que je m'abstienne de persister. Pauvre débile que je suis : penser que le gala professionnel prévoirait enfin - comme annoncé - une zone tranquille pour pouvoir discuter tranquillement tient de l'autoablation cérébrale.

Imaginez. Vous vous munissez d'une bande de cadres (puisque le vague thème de la soirée est leur métier) et d'un paquet d'étudiants. Vers 22h30, vous les faites payer à l'entrée de locaux « chicos » mais guère volumineux et vous saupoudrez le tout de quelques open bars et de haut-parleurs déversant de la musique à fond les manettes. Vous obtenez alors une boîte pour cadres avec, dans une pièce ou deux fort mal isolées, quelques tables et chaises...

Résumons l'ambiance : une masse informe et tassée de costards se pavanant, dansant et cherchant parfois stages/emplois/grouillots/clients, un ensemble de robes qui montrent plus qu'elles ne suggèrent, un vivier de prochaines épaves au champagne. Et au-dessus de tout cela, un raffut d'enfer faisant tourner court toute discussion.

Enfin, hormis le fait de constater que mentalement « j'suis trop vieux pour ces conneries », j'ai tout de même réussi sur un point : beugler deux ou trois mots avec quelques personnes et apprendre ainsi qu'il y aura d'ici peu un mariage et une naissance.

Note pour plus tard : ne plus aller au gala professionnel. Si à l'avenir je souhaite voir des personnes que j'apprécie (en particulier la personne qui attend un heureux événement), je ferais de la convivialité à l'ancienne : je les inviterais à manger.